La reconversion est à la mode. Mais derrière le récit type de la reconversion à succès existe une multitude d’expériences et de vécus différents. Une autoentreprise qui peine à décoller, un jeune qui quitte un métier passion pour un emploi dans le business, une salariée qui devient femme de ménage pour gagner son indépendance… On vous offre des tranches de vie à contre-courant de ces fantasmes qui peuvent tous nous traverser, commentées par la philosophe Laurence Devillairs. Ici, Steve, 40 ans, raconte comment il a quitté son métier de consultant pour créer une entreprise de kéfir qui peine à le faire vivre.

Retrouvez les autres témoignages et l’analyse de Laurence Devillairs sous ces liens :

L’introduction de Laurence Devillairs

Le témoignage de Maxime, devenu chasseur immobilier en parallèle de son activité de traducteur

Le témoignage de François, du business à la cuisine, de la cuisine à la food tech

Le témoignage de Denise, qui a quitté la gestion administrative pour devenir femme de ménage

 

Propos recueillis Audrey Chabal et Anne-Sophie Moreau.

 


 

Steve, 40 ans, du conseil au kéfir

« Je dois me serrer la ceinture pour faire tourner mon entreprise »

« Après ma prépa et mon école de commerce, j’ai fait du conseil mais je savais que ce boulot ne me plaisait pas. Au bout de six mois dans mon premier poste, j’avais le désir de bosser à l’étranger et j’ai accepté des missions au Maroc, en Inde, en Angleterre, pour m’échapper, compenser le manque d’intérêt pour mon travail. En 2018, les conditions étaient enfin réunies pour que je lance mon affaire. Un ami avait monté sa propre production de bière artisanale à Paris, alors pourquoi pas moi ? Pas dans la bière, mais dans le kéfir, car je voyais ma mère en fabriquer depuis des années et que j’y voyais un potentiel marché. Ma grosse erreur a été de me lancer seul : pendant un an et demi j’ai testé ma boisson dans ma cuisine parisienne de 3 m². En parallèle de mes tests, je faisais de la vente directe dans des bars ou des restaurants, afin de voir si la boisson plaisait. Le problème du kéfir, c’est qu’il s’agit d’une boisson fermentée : plusieurs bouteilles ont explosé et repeint murs et plafonds. Quand on se lance, on a tendance à être enthousiaste. Avec trois clients, je me croyais le roi du pétrole. J’ai cherché un local immense, j’ai calqué m
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