Ils sont tous trois atteints d’un handicap, et insérés professionnellement. La première, atteinte d’un handicap visible, l’assume depuis toujours ; la seconde a choisi de le révéler à ses employeurs, à ses risques et périls ; et le dernier garde encore son secret. Comment concilier handicap et monde du travail ? L’entreprise est-elle vraiment prête à accueillir des personnes non valides ? Nous avons demandé à ces trois témoins de nous partager leur expérience, et au philosophe Laurent Bibard de commenter ces récits. Ici, Marc* explique pourquoi il n’a jamais confié son handicap à ses employeurs, et l’impact que ce secret a eu sur sa vie professionnelle.

Retrouvez nos autres témoignages et l’analyse de Laurent Bibard sous ces liens : 

Le témoignage de Lætitia Bernard, journaliste sportive

Le témoignage d’Anne-Laure L., cadre dans entreprise d’audit et de conseil

 

Propos recueillis par Sophie Gherardi et Eva Rousso

 


 

Marc*, employé dans une entreprise de conseil en transformation digitale

« J’ai peur de me mettre en danger professionnellement »

 

« En 2005, j’ai eu un grave accident, qui, jusqu’à aujourd’hui, a laissé des séquelles physiques. Mon corps, qui avant était en pleine santé, est désormais extrêmement fatigable. Même quinze ans après, il ne s’est pas remis du choc. Il semble y avoir eu quelque chose d’irréversible. Pour vous donner un exemple, avant mon accident, je pouvais courir un semi-marathon en deux heures, soit 21 kilomètres, et depuis, je ne peux pas courir plus de cinq cents mètres. Je ne supporte plus les longs efforts. Ça a eu un impact dévastateur sur mon endurance. Au travail, les périodes de stress m’épuisent. Tout est devenu beaucoup plus compliqué.

Mais ça me mettait très mal à l’aise d’en parler. J’avais peur de me mettre en danger professionnellement, surtout pendant les périodes d’essai. C’est pourquoi, lorsqu’en 2010, j’ai obtenu ma reconnaissance en qualité de travailleur handicapé, je ne l’ai pas utilisée. Mon handicap était invisible et je préférais le garder secret.

Je me suis alors retrouvé dans des situations délicates. Les employeurs ne savaient jamais pourquoi je prenais des congés maladie. Ils étaient suspicieux me concernant. Et ça m’est arrivé de nombreuses fois de voir des contrats rompus pour manque de productivité. À long terme, ç

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