Ils sont tous trois atteints d’un handicap, et insérés professionnellement. La première, atteinte d’un handicap visible, l’assume depuis toujours ; la seconde a choisi de le révéler à ses employeurs, à ses risques et périls ; et le dernier garde encore son secret. Comment concilier handicap et monde du travail ? L’entreprise est-elle vraiment prête à accueillir des personnes non valides ? Nous avons demandé à ces trois témoins de nous partager leur expérience, et au philosophe Laurent Bibard de commenter ces récits. Ici, Anne-Laure raconte comment elle a été « mise au placard » après avoir déclaré son handicap à son employeur.

Retrouvez nos autres témoignages et l’analyse de Laurent Bibard sous ces liens : 

Le témoignage de Lætitia Bernard, journaliste sportive

Le témoignage de Marc*, employé dans une entreprise de conseil en transformation digitale

 

Propos recueillis par Sophie Gherardi et Eva Rousso

 


 

Anne-Claire L., cadre dans entreprise d’audit et de conseil

« Je me sentais complètement infantilisée »

 

« J’ai deux handicaps. Le premier est une polyarthrite rhumatoïde juvénile, une maladie auto-immune qui s’est déclarée quand j’avais sept ans. Cela me provoque des poussées inflammatoires douloureuses au niveau des articulations, qui peuvent être plus ou moins handicapantes. Quand j’ai commencé à travailler, je n’en ai pas parlé à l’entretien d’embauche, mais je n’ai pas pu le cacher très longtemps. Lorsque je l’ai dit, ça a été plutôt bien reçu.

Mais en 2006, j’ai commencé à avoir des troubles neurologiques et on m’a diagnostiqué une sclérose en plaques, donc une deuxième maladie auto-immune. Et là, je n’ai rien dit car j’ai senti que deux maladies, ça allait faire trop pour ma direction. D’autant que la sclérose en plaques est une maladie méconnue, qui fait peur, souffrant de préjugés. Ils auraient eu peur de me faire évoluer professionnellement ou de me confier des responsabilités. Mais après ma seconde grossesse, qui avait été difficile, les médecins m’ont poussée à déclarer mon handicap et à en parler. Ils m’ont fait comprendre que ce n’est pas parce que j’avais des formes peu évolutives à ce jour que ça n’allait pas changer. Il fallait quand même que je me protège et que je me préserve.

Donc je l’ai déclaré auprès de mon employeur et j’ai demandé des aménagements, notamment du télétravail en cas de poussée. Et là, la réaction a été très violente. Du jour au lendemain, je n’ai plus eu aucune mi

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