EN BREF
L’astroturfing est une technique de manipulation créant un faux mouvement populaire afin de simuler de l’engouement pour une cause.
D’OÙ ÇA VIENT ?
Tout part d’un jeu de mot du sénateur texan Lloyd Bentsen lorsqu’il reçoit en 1985 une « montagne de cartes et de lettres » réclamant son soutien à une loi favorable aux assureurs. Prétendument citoyennes, ces missives étaient en réalité envoyées par les compagnies d’assurances. Face à ce « courrier généré », le démocrate ironise : « un gars du Texas peut faire la différence entre un mouvement populaire et AstroTurf ». Alors qu’en anglais « mouvement populaire », dit « grassroots », est synonyme de pelouse, AstroTurf désigne une marque de gazon synthétique.
Depuis, l’astroturfing ou « similitantisme » recouvre des pratiques diverses feignant l’engouement populaire à des fins marketing ou politiques : ONG ou mouvements de façade, campagnes de mails pilotées par des agences, acteurs lors de manifestations, achat de faux profils en ligne ou de blogs alimentés par des « fermes à clics » où des personnes sont payées pour créer ces interactions et contenus, journalistes factices, crowdfundings noyautés par l’industrie, « bots » ou robots en ligne, etc.
L’astroturfing se distingue de la désinformation. Les deux techniques ont en commun de manipuler leur public, mais, comme le souligne le chercheur Brieuc Lits, pour l’astroturfing, l’émetteur du message est faux, alors que dans le cas de la désinformation, il s’agit du message.
UN EXEMPLE ?
Dans les années 1990, Purdue Pharma fait campagne pour vendre un antalgique très addictif, l’OxyContin, à l’origine de la crise des opioïdes aux États-Unis. En plus de campagnes de marketing classiques, l’
…(sans coordonnées bancaires)
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