Ils ont entre 20 et 23 ans et entament leur vie professionnelle sous le signe des innombrables difficultés qu'engendre la pandémie de Covid-19. Comment cette crise protéiforme affecte-t-elle leurs ambitions ? Ont-ils été contraints de renoncer, de s'adapter, ou bien ont-ils confirmé leurs desseins ? Nous avons demandé à ces cinq jeunes gens de nous le raconter, et à la philosophe Marie Robert de commenter ces récits. Ici, Mathias décrit comment son lien très fort à la nature l’a sauvé du décrochage, et a renforcé son désir de consacrer sa vie à la préservation de la biodiversité.

Retrouvez nos autres témoignages et l’analyse de Marie Robert sous ces liens : 

➤ Le témoignage de Laurie, 22 ans, en école d’infirmière.

➤ Le témoignage de Paméla, 22 ans, en école de commerce.

➤ Le témoignage de Gaëlle, 23 ans, graphiste.

➤ Le témoignage de Justine, 21 ans, en licence administration économique et sociale. 

 

Récit et commentaire recueillis par Anne-Sophie Moreau

 


 

Le témoignage de Mathias, 20 ans, en BTS protection de la nature

« Ce qui m’a sauvé, c’est de pouvoir m'échapper dans la nature »

 

« Avant la pandémie, mon parcours me semblait évident. Je viens d'Alsace, où j'ai vécu à 50 mètres de la forêt. En grandissant, j'ai pris conscience de l’impact de l’homme sur la nature. J'ai donc voulu me consacrer à la préservation de la biodiversité, via un BTS.

Pourtant j'ai failli décrocher à cause du Covid. Avant, on était sur le terrain, soit pour faire de l'animation (dans des centres d'initiation à la nature, destinés aux enfants et aux collégiens), soit pour observer et recenser les espèces. C'est ce qui me plaisait. Et voilà que je me retrouvais privé du monde extérieur, à suivre des cours sur un écran ! Je l'ai très mal vécu. Si ça avait continué longtemps, j’aurais lâché – ce que j'aurais regretté. Car en même temps, la crise a renforcé ma vocation. Les frontières étant fermées, on a vu arriver un afflux de touristes d'autres régions. Sans le vouloir, ces promeneurs mettent en danger les animaux. Le Grand Tétras, par exemple, a besoin de ne pas être dérangé ; sinon il s’épuise, et risque de mourir. D'où l'intérê

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